Ignobels 2018

Amis lecteurs (s’il nous en reste), bonjour !

Non, les canards ne sont pas définitivement partis barboter dans une autre mare, ils pensent encore à vous. La preuve ? Lorsque leur copine Simone leur a indiqué que l’article annuel des Ignobels faisait cruellement défaut à la blogo (des foules en délire nous réclamaient, nous l’avons bien compris), ni une ni deux, ils se sont arrachés une plume pour se remettre en piste après une (trop) longue absence. Les canards en avaient même oublié leur mot de passe wordpress, c’est dire à quel point il était temps de se secouer le bas des reins (hommage appuyé à l’hymne des canards)…

Revenons à l’essentiel : alors, ce cru 2018 des « prix IGNOBEL » tient-il ses promesses ? Pour rappel, il s’agit d’une sorte de parodie de prix Nobel qui récompensent des publications, très sérieuses, de chercheurs de différentes disciplines, publications dont le point commun est de porter sur un sujet disons, euh, « insolite » (les plus taquins diraient « loufoque »). Les patients PMA étant particulièrement intéressés par les progrès de la science, il est bon de vous en donner un aperçu. Et je crois que cette année encore, vous n’allez pas être déçus, après pourtant un bon cru 2017

D’abord, pour ceux qui veulent profiter de la version vidéo intégrale pour l’attribution de ces prix, vous pouvez cliquer ici.

Pour les plus paresseux ou les moins polyglottes, voici ce qu’il faut retenir.

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Médecine

Le prix est attribué à Marc Mitchell et David Wartinger pour avoir utilisé des montagnes russes afin d’essayer de faire passer plus rapidement des calculs rénaux.

Et ben me voilà bien embêtée. Moi qui déteste les manèges (même le carrousel 1900 déclenche chez moi un bon mal de mer, après avoir si longtemps provoqué, à sa simple vue, un mal de mère), il va falloir sérieusement s’y mettre. TOUS CHEZ EURODISNEY ! C’est pour la science, on vous dit.

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Anthropologie

Le prix est décerné à Tomas Persson, Gabriela-Alina Sauciuc et Elainie Madsen, pour avoir montré que, dans un zoo, les chimpanzés imitent les humains, presque aussi souvent et presque aussi bien que les humains imitent les chimpanzés.

Vous allez rire, mais cela ne me surprend pas un instant. Je me suis d’ailleurs longtemps demandée à quoi pensaient les singes devant les gesticulations et les grimaces des humains. « Bon allez, Joe, on leur fait plaisir, c’est le job il paraît. Un petit cri, une petite galipette, et ils seront contents, ces cons. Pfff, vivement ce soir, je me prendrais bien un bon roman avec un thé. »

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Biologie 

Les gagnants sont Paul Becher, Sebastien Lebreton, Erika Wallin, Erik Hedenstrom, Felipe Borrero-Echeverry, Marie Bengtsson, Volker Jorger et Peter Witzgall pour avoir démontré que des experts en œnologie étaient capables d’identifier de façon fiable à l’aide de leur odorat, la présence d’une seule mouche dans un verre de vin.

Et voilà le prix qui récompense le comble du snobisme : non, je ne bois pas un verre de vin comme tout le monde, chère Madame. Nous ne sommes pas des poivrots, nous, ON DEGUSTE ! Le vin se boit à l’aveugle, dans un verre noir, pour mieux sentir la vibration de la vigne sous nos papilles…

Et ben les petits gars, si vous buviez votre pinard comme tout le monde, vous auriez vu qu’il y a une mouche dans votre cru millésimé à cinquante boules la bouteille. Non mais.

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Chimie  

Le prix est décerné à Paula Romão, Adília Alarcão et César Viana, pour avoir mesuré à quel degré la salive humaine était un bon agent de nettoyage pour des surfaces sales.

Ah, les mystères de l’intuition humaine ! Cela fait longtemps que chez Mimile, le bistrot des routiers qui ne sont pas des PD, on sait qu’un bon crachat sur la table c’est ce qu’il y a de mieux pour nettoyer la table. Et puis c’est écolo. Bon, et bien on va s’y mettre, promis.

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Education médicale 

Attention, c’est mon préféré. Le prix est décerné à Akira Horiuchi pour son article médical « la coloscopie en position assise : les enseignements de l’auto-coloscopie ».

Ayant une pensée émue pour tous les chercheurs de la planète qui se sont livrés à l’auto-coloscopie, parfois sans imaginer les avancées pour l’humanité de ce qui pourrait apparaître comme une pratique scabreuse, pour ne pas dire totalement immorale (vade retro satanas). Et c’est vrai qu’à part en position assise, l’auto-coloscopie, cela doit être compliqué.

Ils sont fous, ces chercheurs.

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Littérature 

Les gagnants sont  Thea Blackler, Rafael Gomez, Vesna Popovic et M. Helen Thompson, pour avoir montré que la plupart des gens qui utilisent des produits complexes ne lisent pas le manuel d’utilisation.

Ils ont du faire des tests chez nous, c’est sûr, et d’ailleurs je crois que dans la catégorie « produits complexes » vous pouvez mettre les jouets qui bipent qui vibrent et qui s’allument. Petite précision : je crois que cela marche aussi pour les conditions générales d’utilisation de trente pages que l’on accepte toujours, benêts que nous sommes…

  • Prix IGNOBEL 2018 catégorie Nutrition 

Le prix est décerné à James Cole, pour avoir calculé qu’un régime cannibale à base de viande humaine était significativement plus bas en calories que la plupart des autres plats de viande traditionnels.

Après le régime DUKAN, le régime DUCON : vous aussi, zigouillez votre désagréable voisine pour la déguster patiemment chaque jour. C’est une vieille carne, certes, mais c’est bon pour votre ligne.

A quand le prochain voyage en terre inconnue au pays des cannibales ? ll y a des volontaires ?! Allez, on peut piocher dans les stars de la télé-réalité, il n’y aura pas trop de perte pour l’humanité.

  • Prix IGNOBEL 2018 de la paix

Les gagnants sont  Francisco Alonso, Cristina Esteban, Andrea Serge, Maria-Luisa Ballestar, Jaime Sanmartín, Constanza Calatayud et Beatriz Alamar, pour avoir mesuré la fréquence, la motivation et les effets des cris et des injures lors de la conduite d’une automobile.

Mesures prises à Paris. Je dis ça, je dis rien.

  • Prix IGNOBEL 2018 pour la médecine reproductive

Voilà bien un prix qui nous intéresse ! Les gagnants sont  John Barry, Bruce Blank et Michel Boileau, pour l’utilisation de timbres-poste afin de tester si l’organe sexuel mâle fonctionne correctement dans leur étude « surveillance de la tumescence nocturne du pénis avec des timbres ».

Nous atteignons le comble de l’humiliation. Déjà, Messieurs, vous savez combien il est désagréable de mettre Paupaul sous le feu des projecteurs de la science et des êtres en blouses blanches. Si en plus les chercheurs vous proposent de faire des mesures avec un timbre-poste, on frise l’injure, que dis-je, le traitement inhumain et dégradant.

A noter une observation plus intéressante encore lue sur le site futura sciences : « Les chercheurs ont malheureusement dû fabriquer leurs propres timbres pour l’expérience car utiliser des timbres officiels pour une recherche scientifique requiert une permission des services secrets« . Il va falloir enquêter sur la raison d’une telle permission. D’ailleurs, je découvre qu’il y a des vrais gens qui travaillent dans un service « bon usage des timbres ».

  • Prix IGNOBEL 2018 dans la catégorie économie

Dernier prix qui va vous intéresser : il est décerné à Lindie Hanyu Liang, Douglas Brown, Huiwen Lian, Samuel Hanig, D. Lance Ferris et Lisa Keeping, pour avoir cherché à déterminer s’il est efficace pour des employés d’utiliser des poupées vaudou pour se venger d’un patron abusif.

Inutile de vous dire que ça marche aussi sur la poupée vaudou du gynéco mâle qui vous avait dit que l’hystéro, c’est totalement indolore, lui qui connaît si bien les douleurs féminines…

 

Tiens, en parlant de ça, dites donc, je me referais bien une petite hystéro, moi ! Allez, banco, j’y retourne la semaine prochaine. C’est que la PMA nous avait manqué… (teasing de la muerte pour annoncer les prochains épisodes des canards).

Bon week-end !

 

 

 

 

 

#Vive le don ! (chanson pour un caneton)

Mme Icsi, un plan à la main, trouve enfin l’adresse qu’elle cherchait dans une sombre ruelle. La voici devant les locaux du club des auteurs de chansons pour enfants. Après avoir sonné, un vigile entrouve la porte.

Le vigile –  Mot de passe ?

Mme Icsi – Cerf, cerf, ouvre moi ou le chasseur me tuera.

Le vigile – C’est bon, vous pouvez entrer.

Mme Icsi – Vous êtes bien aimable.

Mme Icsi se dirige alors dans le hall d’accueil, où l’attend un majordome en grande tenue. Ce lieu est digne des clubs anglais. Le hall comporte une grande bibliothèque et de confortables fauteuils en cuir. Un gramophone trône au milieu de la pièce.

Le majordome – En quoi puis-je vous être utile, chère Madame ?

Mme Icsi – Je viens pour la commande d’une chanson pour mon caneton. Nous voulons lui parler du don de gamètes, et d’ailleurs c’est le moment d’en parler avec la campagne nationale sur le don. On voudrait un air gai, joyeux, à la hauteur de l’immense bonheur que nous a procuré ce don. Après 7 ans d’attente, 5 ans de parcours médical, des inséminations, 4 FIV, seul le don d’ovocytes a pu nous permettre de devenir parent. Et notre rêve s’est enfin réalisé, après plusieurs transferts.

Le majordome – Hum. C’est que le thème est compliqué, chère Madame. Souhaitez-vous solliciter un membre de notre club en particulier ?

Mme Icsi – C’est que je ne connais personne, voyez-vous.

Le majordome – Bien. Je vous propose donc de vous présenter quelques hôtes de cette maison.

Le majordome s’absente une minute et revient avec un épais classeur en cuir sur lequel il est inscrit en lettres d’or « auteurs en activité ».

Le majordome – Nous y sommes. Je vous présente d’abord M. Fondutrou, Théo de son prénom. Grand auteur de chansons bien connues, telles que « Ne pleure pas Jeannette ».

Mme Icsi – « Ne pleure pas Jeannette » ? Cela me dit quelque chose. Vous pouvez me faire écouter cette chanson ?

Le majordome – Mais certainement, chère Madame.

Le majordome place un disque sur le gramophone. La chanson démarre.

Ne pleure pas Jeannette,
Nous te marierons, Nous te marierons,
Avec le fils d’un prince,
Ou celui d’un baron,
Je ne veux pas d’un prince,
Encore moins d’un baron ! 
Je veux mon ami Pierre,
Celui qui est en prison, 
Tu n’auras pas ton Pierre,
Nous le pendouillerons,
Si vous pendouillez Pierre,
Pendouillez moi avec, 
Et l’on pendouilla Pierre,
Et sa Jeannette avec.

Mme Icsi, catastrophée – MAIS C’EST HORRIBLE ! C’est une chanson pour enfants, ça ?! Non, vraiment, cela ne va pas aller du tout. Le don, au contraire, c’est ce qui nous permet de connaître une « happy end » après tant de larmes, tant d’échecs, même si ce n’est pas la solution miracle pour tous les couples.

Le majordome – Oui, je comprends. Rassurez-vous, nous avons d’autres auteurs disponibles.  Tenez, Mme Abis épouse Kahn. Très créative. On lui doit ce titre splendide.

Le majordome pose un autre disque sur le gramophone. La musique démarre.

Une araignée
Sur le plancher
Se tricotait des bottes.

Un limaçon
Dans un flacon
Enfilait sa culotte.

J’ai vu dans le ciel
Une mouche à miel
Pinçant sa guitare.

Les rats tout confus
Sonnaient l’angélus
Au son d’la fanfare.

Mme Icsi – Dites moi, cet auteur, il consomme, disons, euh, des « substances illicites » pour écrire ce genre de texte ?

Le majordome – Ah, je vois que Madame est au courant. Madame Abis a en effet subi une cure de désintoxication récemment, sur dénonciation de la compagnie Disney. Il faut dire qu’elle avait proposé des idées de dessins animés quelque peu étranges.

Mme Icsi – Comment ça, « étranges » ?

Le majordome – Jugez vous même.

Le majordome sort alors du classeur ces images.

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Mme Icsi – En effet, je comprends que Disney n’ait pas adhéré au concept… Mais vous n’avez pas des auteurs qui ont quelques notions de biologie, ou de médecine ? Ce serait bien utile pour traiter ce sujet.

Le majordome – Il y a bien le Dr. Thomy. Anna est vétérinaire, mais c’est très proche, n’est-ce pas ? On lui doit le tube « Mon âne ». Je vous laisse l’écouter.

Le majordome place un nouveau disque sur le gramophone. La chanson démarre.

Mon âne, Mon âne
A bien mal à la tête.
Madame lui a fait faire
Un bonnet pour sa tête.
Et des souliers lilas la la
Et des souliers lilas.

Mon âne, Mon âne
A bien mal à ses yeux.
Madame lui a fait faire
Une paire de lunettes bleues.

Mon âne Mon âne
A bien mal à ses dents.

Madame lui a fait faire
Un râtelier d’argent.

Mon âne, Mon âne
A bien mal à son nez,
Madame lui a fait faire
Un joli cache-nez.

Mon âne, mon âne
A mal à l’estomac.
Madame lui a fait faire
Une tasse de chocolat.

Mme Icsi – Vous me permettrez d’avoir quelques doutes sur les compétences du Dr. Thomy. Un chocolat chaud pour les nausées, un bonnet pour la migraine… Je ne sais pas où elle a eu son diplôme, mais cela frise l’imposture. Et puis ce déguisement d’un âne, c’est à la limite de la maltraitance.

Le majordome – Nos auteurs ont souvent des démêlés avec la SPA, c’est vrai. Une sombre affaire avec une souris verte avait d’ailleurs fait la une des médias.

Mme Icsi – J’en ai entendu parler, pour ne rien vous cacher. Cela ne m’avait pas rassurée sur la santé mentale des auteurs de chansons pour enfants.

Le majordome – Je vous l’accorde. Mais depuis, nous avons beaucoup travaillé pour être dans l’air du temps. Nous avons même des chansons « vegan ».

Mme Icsi – Ah bon ?

Le majordome – Je vous laisse juger. Voici le grand tube du moment dans les crèches parisiennes des arrondissements les plus huppés.

Le majordome place un nouveau disque sur le gramophone.

Tous les légumes
Au clair de lune
Etaient en train de s’amuser, hé
Ils s’amusaient, hé
Tant qu’ils pouvaient, hé
et les passants les regardaient

Un cornichon tournait en rond
Un artichaut faisait de petits sauts
Un salsifis valsait sans bruit
Et un choux-fleur se dandinait aver ardeur, eur

Mme Icsi – Oui, je vois. Mais si vous me permettez, pour limiter la consommation des produits gras et sucrés, on ne peut pas dire que vous ayez fait des efforts. La chanson « Dame tartine », vous en faites quoi ? Rien que de l’écouter, on a une crise de foie !

Le majordome – Vous connaissez l’influence du lobby de l’agro-alimentaire…  Il faut bien vivre, chère Madame.

Mme Icsi – Je vois cela. Ecoutez, je vais réfléchir, et je me permettrai de vous recontacter plus tard. C’est que cette chanson est très importante pour nous, voyez-vous.

Le majordome – Comme Madame voudra.

Mme Icsi – Merci de votre gentillesse.

Le majordome – A votre service, chère Madame. Et mes amitiés à votre caneton et à M. Icsi.

RIDEAU

Une chanson accompagne le tombé de rideau, sur l’air « d’ainsi font font les petites marionnettes »

Vive le don, le don,

Oui vive le don de gamètes !

Grâce au don, au don,

Tu es né, petit caneton…

 

Oh, vive le don !

Miraculeuse paillette

Qui dans mon bidon,

A fait vivre petit caneton.

 

Nous dédions ce post à cette belle inconnue, la donneuse d’ovocytes qui a changé notre vie et nous donne le bonheur d’écouter chaque jour des chansons pour enfants.

NB: illustrations de José Rodolfo Loaiza Ontiveros, artiste que vous pouvez découvrir sur sa page Facebook.

 

 

Ignobels 2017

Amis lecteurs, bonjour !

Avant que ce blog ne tombe définitivement dans les limbes de l’oubli faute d’être alimenté par des canards en mal d’inspiration, nous espérons vous divertir encore un peu en vous livrant le dernier cru des « Ignobels » ! Les plus fidèles d’entre vous se sont déjà régalés par le passé de cette parodie des Prix Nobel décernés aux recherches les plus loufoques (bien que très sérieuses et publiées dans de vraies revues scientifiques). Vous avez aimé le best of volume 1 ? Le best of volume 2 ? Ou plus récemment le cru 2016 ?  Et bien voici les vendanges de septembre 2017 !

Soyons chauvin, commençons par les lauréats français avec le prix de physique décerné à Marc-Antoine Fradin pour avoir tenté de répondre à la question « Un chat peut-il être à la fois solide et liquide ? » grâce à la mécanique des fluides. Recherche publiée dans le « Rheology Bulletin » qui nous laisse très songeur sur la méthodologie employée… On imagine les chercheurs en blouses blanches en train de courir après l’objet de leur étude (reviens, minou, c’est pour rigoler !) Encore un pari idiot un soir de beuverie, non ?! Ceci dit, je pense que les chercheurs s’en sont sortis avec des balafres dignes des personnages de Pirates des Caraïbes, le chat n’étant pas l’animal le plus docile au monde…

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Le chat testé a mal tourné…

 

Autre prix récompensant un chercheur français, le prix de médecine (quand on vous dit que l’on a la meilleure médecine du monde, il faudrait un peu arrêter de se plaindre et de se barrer faire des traitements à l’étranger…) qui a été attribué à Jean-Pierre Royet, David Meunier, Nicolas Torquet, Anne-Marie Mouly et Tao Jiang. Leurs travaux (publiés dans Frontiers in Human Neuroscience) portent sur les mécanismes cérébraux sous-jacents à l’aversion que certaines personnes ont pour les fromages qui puent. Bon. Voilà une équipe de recherche qui refusait de choisir entre le fromage et le dessert à la cantoche, ce qui explique peut-être ce sujet de recherche digne de la série Big Bang Theory… Cela fait avancer l’humanité, moi je vous l’dis !

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Vous aussi, aidez la recherche…

 

Autre prix particulièrement insolite et qui ravira les Pmettes dont le conjoint fait partie du club des ronfleurs (de toute façon, la Pmette est insomniaque depuis que l’infertilité a frappé à sa porte pour lui pourrir la vie, elle n’est donc plus à cela près). Le prix de la paix a ainsi été attribué à Milo Puhan, Alex Suarez, Christian Lo Cascio, Alfred Zahn, Markus Heitz et Otto Braendli pour avoir démontré l’efficience de la pratique quotidienne du didgeridoo sur le traitement de l’apnée du sommeil et du ronflement. Qu’est-ce que c’est ? Un magnifique instrument arborigène  que vous allez vous empresser de vouloir acheter…

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On suppose que l’un des chercheurs a fait un post-doctorat en Australie, a ramené un joli souvenir avec cet instrument « typique » (pas facile à transporter, entre nous, mais le chercheur ne s’arrête pas à ce genre de problème), instrument qu’il a testé sur les ronflements de son voisin un soir de craquage… A quoi ça tient, la recherche !

Le prix d’économie n’est pas mal non plus. Il a été attribué à Matthew Rockloff et Nancy Greer pour avoir montré qu’avoir un contact avec un crocodile vivant (précision qui a son importance) augmente la volonté de parier de l’argent (Journal of Gambling Studies). Nous savions que la fréquentation assidue des requins générait des comportements déviants, mais nous allons maintenant aussi éviter les crocrocro – les crocrodiles…

 

Sinon, voilà un prix dont vous pourrez parler à la pause café : le prix de dynamique des fluides attribué à Jiwon Han pour son étude sur le café qui coule des tasses lorsque l’on marche à reculons (recherche publiée par Achievements in the Life Sciences). C’est vrai que c’est drôlement plus fun de marcher à reculons avec une bonne tasse de café bien remplie (et bien chaude), histoire de mettre un peu de piquant dans sa vie… On s’ennuie dur, dans les labos, il faut croire !

Revenons à des thèmes plus médicaux avec le prix d’anatomie attribué à James Heathcote pour sa recherche sur les raisons qui font que les hommes âgés ont de grandes oreilles (revue BMJ). Je sens poindre les commentaires salaces, alors je n’ajouterai rien.

Le Prix de biologie a également été attribué à Kazunori Yoshizawa, Rodrigo Ferreira, Yoshitaka Kamimura et Charles Lienhard pour avoir découvert un pénis féminin et un vagin masculin sur un insecte vivant dans une grotte. Oui oui, vous avez bien lu, un pénis féminin, et un vagin masculin. C’est vraiment du grand n’importe quoi, ces insectes. Je comprends mieux que l’on se mette à les manger…

D’ailleurs relevons le prix de nutrition attribué à Fernanda Ito, Enrico Bernard et Rodrigo Torres pour avoir découvert la première preuve de la présence de sang humain dans le régime alimentaire de la chauve-souris à pattes velues (Diphylla ecaudata). Ah, là, on rigole moins, pas vrai ! Pour Halloween, pensez donc à demander à la chauve-souris qui frappe à votre porte ses papiers d’identité, cela vous évitera des problèmes (encore que, si la chauve-souris livre direct au labo la cargaison de sang prélevé, cela pourrait simplifier la vie des pmettes…)

Allez, finissons en beauté avec le « prix d’obstétrique » attribué à Marisa López-Teijón, Álex García-Faura, Alberto Prats-Galino et Luis Pallarés Aniorte pour avoir montré que les foetus réagissent mieux à la musique diffusée si elle l’est à partir de l’intérieur du vagin plutôt qu’à travers le ventre. Je pense que l’idée est venue d’une Pmette en mal d’échographie endo-vaginale (c’est que l’on devient accro, comme chacun le sait) lorsque sa grossesse tant attendue est arrivée. Comme une mauvaise habitude qui a été prise, notre pmette a eu tendance à vouloir sonder plein de trucs dans son vagin. Et c’est là que cela a dérapé… Ceci dit, si cela tente certaines qui viennent de monter dans le train de la grossesse, il paraît que le dispositif est breveté et serait en vente. A vous de voir. Nous, nous aurions eu trop peur que le petit habitant ne se plaigne du bruit et déménage illico. Cela aurait été couillon, avec le mal que l’on s’était donné à améliorer la déco intérieure…

Bon, une fois encore, vous ne nous croyez pas ? Alors pour revoir la cérémonie complète (et l’attribution des prix dès la 14e minute), cela se passe ici…

A bientôt amis lecteurs !

 

On n’oublie rien, de rien…

La scène se passe dans le cerveau de Mme Icsi, dans un décor un peu étrange qui évoque le mobilier des appartements privés de l’Elysée au temps de Pompidou. Des personnages qui semblent incarner des neurones s’affairent à classer des dossiers autour d’une table.

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Neurone 1 – Non mais quel merdier ces boîtes à souvenirs ! Dommage que l’on ne puisse rien jeter parce que ça prend de plus en plus de place…

Neurone 2 – En même temps, c’est notre job de stocker tout ça, et ce malgré la compression de personnel d’année en année. Il est loin le temps où l’on embauchait à tour de bras ! Enfin bon… Quand je pense que notre canette croyait qu’elle allait oublier les années PMA, c’était mal nous connaître !

Neurone 1 – A force de s’entendre dire « tu verras, tu oublieras tout quand votre caneton sera là », elle aurait presque fini par y croire.

Neurone 2 – Quelle naïve, je te jure. On ne la refera pas.

Neurone 1 – Bon alors, voyons un peu ce qu’il y a dans ce carton « une grossesse après 7 ans d’attente ». Et ben, c’est sacrément rempli !

Neurone 2 – Il y a du boulot pour le classement…

Les Neurones s’affairent à sortir les souvenirs un par un de cet immense carton.

Neurone 1 – Oulala, c’est collant, ça ! Voilà un souvenir très sucré, on dirait de la guimauve !

Neurone 2 – Qu’est-ce que c’est ?

Neurone 1 – C’est son premier et unique bon souvenir chez leur médecin, le Général Croquette, quand les canards ont entendu battre un petit cœur pour la première fois au cours de la première échographie de contrôle. Le canard a fait un malaise, et la canette se demandait si c’était bien d’elle dont on parlait, étant plus habituée aux mauvaises nouvelles. Elle n’était pas vraiment émue, mais totalement incrédule, comme en état de choc, n’ayant jamais seulement imaginé vivre cette scène. Pas de larme, juste une sidération. Le général Croquette, au contraire, était euphorique, trop heureuse d’avoir remporté une sacrée bataille !

Neurone 2 – Tiens, voilà un autre souvenir qui lui est collé : en sortant de la salle d’examen, la canette était gênée de croiser les regards d’autres couples, dont elle devine le stress ou la peine. Il a fallu attendre d’être sur le trottoir pour que les canards se prennent dans les bras l’un de l’autre, ne croyant toujours pas ce qu’ils venaient de voir et d’entendre.

Neurone 2 – Ces beaux souvenirs, je sens qu’ils vont rester stocker jusqu’à la fin de ces jours dans nos archives. D’ailleurs ils collent tellement au carton qu’on n’est pas prêt de s’en débarrasser. Bon, j’en prends un autre. Aïe, ça pique !

Neurone 1 – Ah, celui-là, c’est dans la salle d’attente d’un gynécologue « classique ». Notre canette est entourée de femmes enceintes et elle ressent toujours un malaise, comme si elle s’était trompée de salle et qu’on allait lui dire de retourner au bout du couloir. Elle les regarde, en enviant leur légèreté, leur confiance en l’avenir, elle qui imagine toujours le pire.

Neurone 2 – Tiens, j’en ai classé d’autres hier, des souvenirs du même genre. Visiblement, la canette ressent toujours un pincement en voyant une femme enceinte. Bien sûr, ce n’est plus le coup de poing dans le bide qui lui coupait le souffle, c’est juste comme le tiraillement d’une cicatrice qu’elle gardera toute sa vie.

Neurone 1 – Bon, encore un autre souvenir qui pique : « préparation à la naissance ». La canette ne veut pas de cours collectifs, elle se sent définitivement différente, bien plus vieille que la moyenne, et elle sait qu’elle ne supportera pas les plaintes des autres femmes sur leurs nausées, leurs jambes lourdes et j’en passe… La sage femme semble la comprendre, elle qui a accompagné beaucoup de couples infertiles.

Les neurones continuent de fouiller dans les caisses à souvenirs.

Neurone 2 – Et voilà encore des souvenirs qui pincent ! C’est à chaque fois la canette qui découvre aux toilettes qu’elle saigne, et qui file aux urgences avec son canard totalement paniqué. Il y en a un paquet de ces souvenirs, ils ne se sont pas ennuyés, dis donc ! Pas étonnant qu’elle ait été traumatisée et qu’elle se soit encore longtemps demandée après la naissance si elle saignait à chaque écoulement suspect !

Neurone 1 – Ah, voilà un souvenir qui brille cette fois ! La première rencontre de la canette avec son caneton, quelques heures après la naissance par césarienne. Les larmes coulent, enfin, elle qui s’est contenue de longs mois, et qui attendait ce moment depuis de si longues années ! Elle pense à la chanson « Cécile » de Nougaro : « lequel est le plus étonné des deux ? » Le début d’une longue histoire…

Neurone 2 – Tiens, ce souvenir là n’est pas mal non plus. C’est la première sortie de la canette avec une poussette. Elle repense à toutes ces années où cette simple vision la déprimait. Elle s’installe à la terrasse d’un café et observe autour d’elle si elle ne blesse personne. Trop peur de tordre le cœur à une camarade de galère toujours dans la bataille ou définitivement blessée. Un réflexe qui demeure, visiblement.

Neurone 1 – Tiens, c’est comme celui-là, de souvenir : la canette explique à ses amies pourquoi elle ne veut pas d’autocollant « bébé à bord » sur la voiture des vacances. Le nombre de fois où elle s’est énervée sur cette manie qu’ont les parents d’exposer leur nouveau statut ! Et puis quoi, il faudrait être vigilant avec des voitures avec bébé mais rouler comme des fous et mettre en danger les conducteurs de voitures « ordinaires  » ? La canette ne comprend toujours pas l’intérêt de ce sticker.

Neurone 2 – Elle a l’air sacrément en colère, d’ailleurs ! On sent que ce foutu autocollant a dû lui miner le moral un paquet de fois.

Neurone 1 – Bon, allez, ce n’est pas le tout, trêve de bavardage : il y a tout un stock de souvenirs qui viennent d’arriver et qu’il faut encore classer.

Neurone 2 – Tu veux parler de ces cartons de couleur bleu ciel doucement parfumés ?

Neurone 1 – Exactement ! Allez au boulot, et cette fois, c’est à classer au rayon  « bonheur ».

Le rideau se ferme sur cette scène, avec en musique de fond la chanson de Brel : « On oublie rien, de rien, on s’habitue, c’est tout »…

 

 

Merci, Adriana.

Adriana, je voudrais te dire merci. Lorsque j’ai lu chez ma coiffeuse ton interview dans un magazine people dans lequel tu parlais de ton désir d’enfant et de ce bébé qui ne venait pas, j’ai tout de suite compris de quoi tu parlais. J’avais un point commun avec toi, toi qui m’étais déjà sympathique. Tu expliquais le dernier échec d’un traitement, sans doute en FIV, cette grossesse qui s’est arrêtée, le fait que tu avais alors envie de pleurer à chaque fois que tu croisais une femme enceinte ou avec un bébé dans les bras. Tu expliquais que tu pensais faire encore une tentative avant de te tourner vers l’adoption. C’est sacrément courageux, dis donc, parce qu’en exposant ainsi la partie la plus intime de ta vie, j’entends déjà les conversations de Mme Toutlemonde : « elle n’avait qu’à y penser plus tôt, voilà ce qui arrive quand on privilégie sa carrière »…

Je ne sais pas si tu le perçois, mais en te livrant ainsi, tu œuvres beaucoup pour la cause des femmes infertiles. Parce que personne ne doute de ta féminité bien que tu ne sois pas mère, et quelle femme tu es ! Parce que tu expliques simplement les choses, sans tabou, sans pathos non plus. Parce que beaucoup de femmes, en lisant ce simple témoignage, se sentiront moins seules.

Alors Adriana, je te souhaite qu’il vienne vite, cet enfant, d’une manière ou d’une autre, et que tu offres à nouveau de beaux témoignages dans les journaux de ma coiffeuse.

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Je l’ai fait.

Amis lecteurs, bonjour !

Il est temps de passer aux aveux : ça y est, je l’ai fait. Après des années durant lesquelles ce magazine m’agressait dans tous les « relais H » des gares et aéroports que je fréquente, j’ai sauté le pas : j’ai acheté le mensuel  « Parents ». Le temps était venu de sonder enfin le contenu de ce magazine dont le seul titre me broyait le cœur, avec un bébé joufflu qui me narguait chaque mois l’air de dire « hé hé, ce n’est pas pour toi, la canette ! ».

Comme vous le devinez, « Parents » est destiné à ceux dont la parentalité est une passion et dont la progéniture a déjà le statut de Dieu vivant. Comme dirait Dubosc dans l’un de ses sketchs, leurs bébés ne font pas caca, ils font des offrandes. Ils ne vomissent pas, ils partagent. Et donc fort logiquement, la « une » du magazine cible ce public avec le thème du mois : « votre bébé est un génie ! ».

Pour une ancienne nullipare galérienne de la PMA (mais vous connaissez le dicton, « infertile un jour, infertile toujours »…), la lecture de ce magazine se révèle très « irritante », et c’est peu de le dire.

D’abord, Messieurs, sachez-le, il va falloir arrêter de vous plaindre à chaque spermogramme, car le spermo, c’est tendance. Au titre des actus, le magazine nous apprend en effet que l’on pourra bientôt mesurer la fertilité masculine grâce à son smartphone. Cela fonctionnerait avec une pipette électronique jetable que l’on glisserait dans un boîtier optique connecté au smartphone. En 5 secondes, on vous donnerait la mobilité et le nombre de bestioles dans la précieuse semence. La PMA en version mobile, c’est la class. On va bientôt être plus à la mode que les fertiles, moi je vous le dis…

Dans le même genre, l’innovation du mois selon ce magazine, c’est « Ava », le bracelet connecté qui vous aide à faire un bébé. Cette fois c’est pour nous, Mesdames. Le système fonctionne avec une connection bluetooth (mince, moi qui croyais que les ondes étaient mauvaises pour nos gamètes…), qui transmet via une appli 9 paramètres dont le rythme cardiaque, la température, l’afflux sanguin … Votre super bracelet à porter jour et nuit vous prévient alors du commencement de la période d’ovulation. Conclusion du magazine : « Ava permet d’anticiper et de laisser aussi plus de temps au couple pour concevoir un bébé, sans être stressé. » La bonne blague ! Bon nombre d’entre nous, après des cycles qui se sont enchaînés sans grossesse, ont déjà connu les joies des tests d’ovulation et leur portée sur la vie de couple : l’enfer du câlin efficace et programmé… J’ai donc comme l’intuition que le bracelet connecté sera plus fun encore. Cela vous coûtera tout de même 249 euros, ce qui est l’équivalent de plusieurs consultations chez notre général Croquette avec cette fois une efficacité testée et approuvée !

Mais le coup fatal pour une pmette, c’est le billet du mois dont le thème est « 8 choses que les non-parents ne devraient jamais dire aux parents ». C’est la rubrique des parents qui se plaignent du regard des autres ne comprenant pas qu’ils adorent leurs enfants et qu’ils sont débordés. Le point 4 est le plus savoureux : « on fait un brunch dimanche, mais c’est sans enfants ». Horreur absolue, à ne jamais dire aux parents. Cela énerve, non ?! Il n’est pas utile ici de dire combien nous sommes fous d’amour pour notre caneton, notre petit miracle, mais nous avons pleinement conscience que s’il est le centre de notre monde, il n’est pas pour autant celui des autres. Et nous comprenons ô combien nos amis, dont certains sont d’ailleurs en galère pma, s’ils n’ont pas envie de nous voir en tribu mais simplement entre adultes qui parlent d’autre chose que de leurs rejetons. Bref, à lire ce magazine, il y aurait deux mondes : celui des parents et celui des non-parents, définitivement inconciliables, puisque l’individu ne se définit quasiment que par cela : la parentalité. C’est bien ce que nous ressentions si durement pendant notre long parcours. Si tu n’es pas parent, tu vis en dehors du monde… A la douleur du ventre vide s’ajoute la mise à l’écart de nos amis, de nos proches, de manière insidieuse.

Cerise sur le gâteau, le témoignage du mois est consacré à l’arrivée d’un bébé miracle. Voici le sommaire : « Après sept ans sans contraception, et l’annonce de sa stérilité, Réjane savait qu’elle ne deviendrait jamais mère. Mais un voyage en Himalaya et la rencontre d’un médecin tibétain a tout changé ! ». Vous sentez venir la discussion à la prochaine pause-café au boulot, rapport à la cousine qui n’y pensait plus et, paf, bébé arrive ?? Allez, on part tous en voyage au Tibet, vous verrez, cela va nous débloquer plus efficacement que toutes ces piqûres, ces opérations et ces traitements en tout genre ! Parents Magazine ou l’art de culpabiliser les infertiles, alors que nous savons tous combien de facteurs entrent en ligne de compte dans la reproduction, et que le facteur « psy », d’ailleurs impossible à mesurer, est loin d’être le facteur décisif…

 

Alors amis lecteurs, il ne reste plus qu’à faire un magazine PMA, et avec un couple sur six qui galère pour concevoir, il y a un marché. A bon entendeur !

Explique moi la PMA

Amis lecteurs, bonjour !

Nous vous proposons aujourd’hui d’ouvrir une nouvelle rubrique de notre blog, la rubrique Explique moi la PMA. L’idée nous est venue à la suite d’un billet de Fortuna au sujet des livres pour enfants tentant d’expliquer la PMA et qui ne correspondent pas toujours à nos attentes, surtout en cas de don de gamètes. Toutefois, nous autres infertiles savons bien qu’il n’y a pas qu’aux enfants qu’il faut expliquer la PMA tant notre entourage peut se révéler maladroit et blessant avec des questions idiotes (on ne vous l’a pas fait, à vous, le coup du « et c’est la faute de qui si vous ne pouvez pas avoir de bébé ? »… Cela fait mal, hein ?! ).

 

Les galériens de la PMA que nous avons été sont certes sortis de cette phase de leur vie (et sans doute définitivement même s’il ne faut jamais dire jamais…) mais ils se sont jurés d’être les zorros des infertiles, les vengeurs masqués de tous les blessés qui n’ont pas la force de répondre aux imbécilités entendues ici ou là et qui font tellement mal.

 

Zorro duck.jpg

Merci canard zorro…

Force est de constater que lorsque l’on est dans le combat, on n’a pas toujours la force ou l’envie de répondre. Quand on a l’immense chance d’en être sorti avec un caneton dans les bras, on retrouve l’énergie de faire ce que l’on pourrait appeler de la « pédagogie ». Plus ou moins musclée, la pédagogie, c’est vrai… (un bon coup de règle sur les doigts des « indélicats », ce n’est pas très éducation à la Montessori mais franchement ça défoule…).

 

Pour démarrer cette rubrique, la danse va venir à notre secours pour traiter la question du jour, « pourquoi vous n’arrivez pas à avoir un bébé naturellement ? », avec la fameuse variante « c’est la faute de qui ? C’est lui ou elle qui ne peut pas ? »

Lorsque cette situation se présente, plutôt que de vous exciter à faire un cours de biologie sur l’ovocyte, le spermatozoïde, les trompes, l’endomètre et tutti quanti, ou à expliquer les facteurs de baisse de la fertilité (au passage, on vous recommande le dernier numéro de 60 millions de consommateurs qui porte sur les perturbateurs endocriniens, même s’il fait froid dans le dos), faites beaucoup plus simple. Voici notre proposition (on compte sur vous pour partager vos idées dans les commentaires, ceci est un blog participatif !).

 

Pourquoi on ne peut pas avoir de bébé « naturellement » ? Bon. Alors tu vois, si tout allait bien pour nous, après s’être envoyé en l’air (ouais je sais elle est nulle mais il fallait trouver un lien avec Air France…), nos gamètes devraient réagir comme ça :

 

Que de grâce… Quelle volupté… Quelle fusion romantique…

Sauf que, nos gamètes à nous, elles sont plutôt mal foutues et voilà ce que cela donne quand elles veulent danser  :

  • Version « Monsieur manque un peu de souplesse »

 

  • Version « Madame manque un peu de grâce… »

Variante (allez, ça défoule) :

 

Alors inutile de vous dire que les deux ensemble qui essayent de danser, au mieux, cela donne ça :

 

Il fallait donc au moins un professeur en blouse blanche pour essayer de régler le problème. Cela vous suffit comme explication ou je vous sors notre dossier médical ?!

 

Au prochain numéro de notre rubrique « explique moi la PMA », un conte pour le don… !

 

Prenez soin de vous.

Elections pestilentielles…

Amis lecteurs, bonjour !

Peut-être êtes-vous aussi indécis que les ICSI PARI face aux élections à venir, les canards ayant été quelque peu déconnectés des actualités ces dernières semaines du fait de l’arrivée du caneton. Et pourtant, il faudra bien voter, et à défaut de voter « pour », il faudra au moins voter « contre ». Contre la haine des étrangers. Contre la haine des homos. Contre l’intolérance et les caricatures que l’on nous assène à longueur de campagne électorale : les feignasses de fonctionnaires, les salauds de patrons, les salariés RTT, les chômeurs fraudeurs, sans oublier les  musulmans terroristes, les catholiques intégristes, les juifs extrémistes, les athées laïcards, et j’en passe… Evidemment, ça n’excite personne de voter « contre » et les canards sont un peu las. De vrais canards claqués.

Pour vous motiver un peu si, comme nous, vous en avez besoin, nous partageons avec vous cette vidéo venue d’outre-atlantique qui traite du sujet avec beaucoup de dérision (et d’auto-dérision). Pour les allergiques à la langue de Shakespeare, la fin de la vidéo (15ème minute) est en français.

Allez, aux urnes citoyens, le monde nous regarde…

 

Point de croix

Pour les PMettes et les PMecs, la nature se révèle souvent être une grosse chienne. Face à l’échec, ces dernières années les ICSI n’étaient pas tristes, ils avaient la haine, au bout d’un moment ils n’avaient plus peur de rien, devenus des fous, des fêlés, des fondus, des anars de la PMA, des gens bons devenus alors des gens Bonnot. Peu de temps avant leur dernière tentative couronnée cette fois de succès, ils eurent la tentation de tout faire sauter : le bon goût, les conventions sociales, aux chiottes ! Les échecs successifs nous faisant réapparaître dans un Maelström de vociférations qui ferait passer un Gilles de la Tourette pour un conteur d’amour courtois… Les anatidés anars avaient alors décidé de s’attaquer à tous les tabous, ils ne mesuraient plus la portée de leurs actes : ni Dieu, ni mètre, telle était leur nouvelle devise.

Oui, nous avons songé à nous attaquer à la religion ! Mais quelle religion ? On aurait pu s’attaquer à la religion des autres mais bien que fondus, les ICSI restent des lâches et hésitent donc à s’attaquer à des religions dont les plus sémillants prosélytes ont une pilosité importante. La preuve étant faite que plus les barbes ou les payess harosh sont longues plus les idées sont courtes. Bref, il y a des religions un poil sensible à la critique. Les cathos ont une très notable supériorité dans l’autodérision si on excepte évidemment la période de l’inquisition, les croisades, les pogroms, l’évangélisation forcée, la saint Barthélemy, « y a pas bon Taubira »… Non, c’est vrai, les cathos ce sont des gens plutôt bonhommes sinon. Le catho d’école, c’est l’oncle Marcel qui, un jour de Toussaint, va fleurir les tombes, et vers 15.00, juste après le digestif, se lève en bout de table manquant de tomber de sa chaise, vérifie la présence de son service trois pièces en disant « c’est l’histoire d’un curé, d’un imam et d’un rabbin qui sont dans un bus pour Bethleem, vous la connaissez… ? ». En général, ça finit toujours mal pour le rabbin, c’est un peu le Kenny des blagues catholiques (pour ceux qui connaissent South Park), le charme discret de l’antisémitisme en milieu bourgeois. L’alcool aidant, vers 17.00 (apéro du soir), l’oncle Marcel réattaque avec « c’est des bonnes-sœurs qui mangent des carottes, vous la connaissez… ? » et là, en général, tout le monde explose de rire même la tante Ida, pourtant toujours fourrée au confessionnal et qui finit par pouffer dans son missel. C’est, je crois, dans ces moments où je me dis qu’il vaut mieux être catholique à Pithiviers que musulman à Mossoul.

Je suis presque né catholique, enfin je veux dire par là que l’on ne m’a pas demandé mon avis et que ni vu ni connu, alors que j’étais un rose poupon, on a profité d’une de mes siestes pour me balancer de l’eau bénite à la figure. Il paraît que j’ai gueulé comme un putois. Mon aversion pour les liquides fortement aqueux date probablement de cette époque et seules les substances dont le taux d’éthanol dépasse les 11% trouvent aujourd’hui grâce à mes yeux néanmoins, hélas, avec de plus en plus de modération. Cela tombe plutôt bien, le sang du rédempteur titre 12° chez les officiants qui savent se soigner. Il y a peu je me suis enquis de l’empressement qu’ont eu mes parents à me faire entrer si tôt, et sans mon avis, dans l’opulente firme vaticane. Mon père : « ben c’est ta mère qui voulait et moi je ne voulais pas d’histoires ». Ma mère : « Tu comprends tu étais si petit, si frêle (prématuré de trois semaines), tu ne mangeais pas, tu étais déshydraté, enfin au cas où il arrive quelque chose…». C’est bien simple à cette évocation je me suis demandé dans quelles glèbes parcourues d’épidémies, ravagées par quels maraudeurs et rythmées par quel tocsin j’avais pu naître. Mes parents avaient-ils bien conscience que leur suzerain à cette époque était Valéry Giscard d’Estaing et non point Louis XI ? Mon extraction rurale m’est soudain revenue tout de go au visage, tiède comme un vent de fin d’été, s’élevant du couchant sur une terre fraichement moissonnée. Mes routines germanopratines et mon habitude de chasser ma viande chez Le Bourdonnec m’ont fait oublier que ma jeunesse se tenait par-delà un périph et que mes laborieux parents semblaient avoir servi de modèle à l’Angélus de Millet (qui trônait d’ailleurs au-dessus de la télé…). Depuis j’ai racheté l’original dans un petite vente sans prétention chez Artcurial, les contrefaçons me donnant définitivement de l’eczéma.

J’ai donc pieusement suivi les cours de catéchisme avec le curé du village taillé comme un rugbyman, qui savait t’appendre l’amour du christ à coup de tartes dans la gueule. Parce que un Pater Noster ça se sait sur le bout des doigts ou tu prends toute la paume avec. Le bon curé avait été père blanc, auparavant il réalisait son apostolat en battant le frère tant qu’il est chaud. Toujours premier de la classe, immaculé au milieu des gueules cassées des petits mécréants, j’étais là, buvant ses paroles et apprenant consciencieusement les prières comme autant de récitations ou de tables de multiplication. Récompense pour ce travail de bénédictin, une image pieuse, toute dorée, avec la sainte vierge au milieu, les yeux au ciel et montrant un cœur hypertrophié et situé nettement en dehors de la cage thoracique (une pentalogie de Cantrell ?). Au bout de dix images pieuses, j’ai eu droit à un Jésus-Christ phosphorescent sur une croix possédant les mêmes caractéristiques photo-physiques. Ma mère a eu la bonne idée de l’accrocher en face de mon lit, pour me protéger disait-elle. Craignait-elle un remake de l’Exorciste dans ce sous-pente cosy ? J’ai ainsi eu tout le mal du monde à trouver le sommeil, observé dans le noir que j’étais par ce spectre verdâtre qui finit par être le fossoyeur de mes nuits d’enfance. Ma foi s’érodait à mesure que mes cernes s’approfondissaient.

Né dans cette famille, j’ai donc fait ma communion, pour avoir des cadeaux. Puis ça a été la confirmation, le costume, l’Eglise décoré, le trône avec l’archevêque dessus, et là, patratra. M’avançant, je me suis pris les pieds dans le tapis et je chus mais essayant de me rattraper j’ai fini par tomber pile entre les genoux dudit prélat, il ne pipa mot si je puis dire. Un silence de mort saisit donc l’assemblée. Je souhaite que cette anecdote ne fasse pas l’objet de rires gras et de sous-entendus grivois (merci Zapette… notamment !), nous parlons de religion tout même. Me retournant vers le public, j’ai vu ma mère livide tomber dans les vapes et le bon curé faire croquer ses doigts pour préparer une rouste façon Chabal. Il devenait donc grand temps de quitter ce village où l’hérétique risquait le bûcher. La croix phosphorescente ne fut pas du voyage. Mes études supérieures à distance diluèrent encore l’influence de la catéchèse rurale. Dans ma chambrette d’étudiant laborieux, face à mon lit trônait désormais une photo de Kim Bassinger, qui devait être maladroitement tombé à l’eau en sous-vêtement, elle était là un doigt sur la bouche du genre « ne le dit à personne surtout…chut »…l’antidote contre le séminaire pour sûr. Le pragmatisme de mon cursus a fini d’étouffer en moi une foi aveugle.

Il m’arrive néanmoins dans les moments de doutes de me raccrocher à quelques enseignements de jadis. Je dois ainsi avouer que sortant de mon premier entretien d’embauche, je me suis précipité à Notre-Dame pour y poser un (gros) cierge et réciter un Notre Père devenu hésitant. Histoire de faire bonne mesure je suis ensuite allé me vautrer dans le péché de gourmandise chez l’ami Louis. Ainsi autour de sainte trinité foie gras/confit/Paris-Brest je me suis rendu compte que c’était un vendredi, jour du poisson. Pour faire bonne mesure j’avais arrosé le tout d’une demi-bouteille d’un excellent Faugère. Titubant, j’ai repris mon train pour retourner à mes sentes rurales. Je n’ai pas été déçu : deux jours après j’ai su que j’avais pi-ler la concurrence et que le poste était à moi. J’ai depuis gardé une forme de reconnaissance prudente à ma religion d’origine.

C’est vous dire si en s’enfonçant dans la noirceur des entrailles de la PMA, j’ai fini par dépoussiérer quelque peu mon passé de croyant. Face à l’adversité nous avons bien essayé l’homéopathie, l’acupuncture, la micro-kinésithérapie, un rebouteux moisi, un magnétiseur, les sacrifices d’animaux (en sauce), un para-psychologue (genre ghostbuster mais en plus flippant), bref nous en étions là lorsque passant devant Notre Dame je me suis dit qu’il était peut-être temps que je donne quelques nouvelles fraîches. J’ai fait tout le tour du propriétaire et je n’ai pas trouvé Sainte-Rita, comme vous le savez patronne des causes perdues. Je me suis donc confié au premier venu c’était Saint Vincent de Paul, ça tombait bien c’est le patron des indigents. Ben oui, c’est tout nous ça : les indigents de la gamète. Obligés d’aller de centre de PMA en centre de PMA, la main tendue, l’œil bas, feignant l’absence d’un membre en disant « un embryon, un embryon à plus de 8 cellules siouplait, pour rester digne ». A partir de là Mr et Mme ICSI ont ainsi au cours de chacun de leur voyage laissé quelques oboles, encens fumants et cierges allumés dans tous les lieux de croyance que ce monde leur a offert à visiter et cela quel que soit la religion. De toute façon, l’interlocuteur est probablement le même, seul l’indicatif pour le joindre est différent.

Comme vous le savez il se pourrait que nous fûmes entendus puisque notre caneton est arrivé. Il faudra d’ailleurs un jour que l’on vous raconte toute l’histoire car ce fut tout sauf une grossesse dont on fait un post amusant. Il aura le mérite de montrer que la vie est fragile et que nous qui tenions déjà à un embryon de 8 cellules nous aurions pu perdre bien plus encore sans la médecine et peut-être aussi sans cette force qui nous permet de toujours nous relever du pire pour espérer des jours meilleurs.

Quel que soit le nom que l’on puisse donner à cette force.

Encore une fois je n’ai pas pu faire court alors allez en paix, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs…

Mr ICSI

PS : le but de ce post n’est pas de choquer les convictions et encore moins de faire du prosélytisme. Merci de le lire avec un sens du second degré le plus affuté possible.